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Le musée des horreurs de Saddam Hussein

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Pliée dans une caisse de bois, une civière de métal est équipée de poulies et de bras articulés : l’engin servait de machine à écarteler aux tortionnaires du régime de Saddam Hussein. Ce macabre souvenir figure en bonne place dans une exposition à Bagdad consacrée aux tortures infligées aux opposants politiques pendant près de 25 ans de dictature.

Un « Comité des prisonniers politiques » a eu l’initiative de ce musée de l’épouvante réelle. Sur les murs sont affichées des dizaines de photos de prisonniers, de pendaisons et de cadavres. « Voilà toutes les horreurs du régime de Saddam ! », résume Amed Naji al-Badawi, membre du Comité, ancien détenu politique.

Ce quinquagénaire a passé cinq ans dans les geôles des « moukhabarat » (services de sécurité). Emprisonné avec treize autres membres de sa famille, il a découvert à sa sortie de prison que sept de ses frères ont été tués par les hommes de main du dictateur.

Pour lui, l’exposition, organisée à l’occasion du 17e anniversaire du soulèvement chiite de 1991, réprimé dans le sang, est avant tout « un hommage rendu à la mémoire des milliers de martyrs » assassinés sous l’ancien régime.

Les noms de dizaines de victimes sont inscrits sur des banderoles noires accrochées aux murs, à côté du portrait du leader chiite Mohammed Sadek Al-Sadr, assassiné en 1999.

Au milieu de la salle, une poupée symbolise « tous les enfants tués sous Saddam ». A ses côtés, des jouets d’enfants et des fleurs en plastique. La mise en scène a déclenché les sanglots des veuves et mères de disparus.

Une table d’électrocution, une grosse seringue de plastique branchée à des électrodes, une aiguille de métal pour embout qui « était enfoncée dans l’urètre de la victime et les tortionnaires branchaient les électrodes, la douleur était atroce. »

Des vidéos sont diffusées dans une salle en sous-sol, sinistre florilège des pires châtiments nés de l’imagination des tortionnaires.

Dans des vitrines sont exposés des objets personnels de victimes retrouvés dans des fosses communes : un peigne, une carte d’identité, un verre de lunette, un chapelet, une chaussette maculée de terre… En cinq ans, le « Comité des prisonniers politiques » a participé à la mise au jour de 106 charniers et des restes de 1 050 hommes, femmes et enfants.(Crimesetpolice)

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